#10

#10
____Le lendemain je me suis réveillée. Le sang avait séché. Mon soulagement était partit aussi vite qu'il était venu. Je crois que c'est unedes premières fois depuis Mars que j'ai dormis. Je n'avais pas vraiment réalisée ce que je venais de faire. Me laver. Me cacher. Ranger. Disparaitre. Avant que ma mère n'arrive. Avant qu'elle n'ouvre la porte. C'est ce que j'ai fais. J'avais remis le masque de la fille heureuse.

- Laura... réveille toi !

- J'suis d'jà d'bout, m'man... «J'ai faillis ne plus l'être.»

- Ca va ?

- Oui oui. «Menteuse.»

- Une bonne nuit ?

- Oui oui. «Menteuse, encore.»

- Bon dépêche toi, il faut aller en cours, on s'revoit c'soir.


____Elle est sortit. Là, j'ai eu mal. Je me souviendrais toujours.
Il y a une première fois à tout. Même aux mensonges dits droit dans les yeux. J'avais mal au bras. Mal a la tête. Mal au c½ur.
____Mal. Si mal.

____J'ai pris une douche. Pour laver mes blessures, ma conscience... Pour laver le « Moi » si mauvais que j'étais. J'aurais tant aimé me noyer dans toute cette eau. Si froide. Si chaude. Je n'ai rien ressentit. Comme si mon corps n'était plus. Encore cette sensation de vide en moi.
____Il fallait que je me reprenne... et puis finalement non.

____Je me suis abandonnée encore une fois à la douleur. Un vieux cutter, de nouvelles blessures. Encore du sang. Cette impression de me contrôler, enfin, était si bonne. Je me suis lavée, encore. J'allais être en retard, alors j'ai sauté hors de la salle de bain, me suis habillé, et suis descendue.
____Un petit-déjeuner ? Pourquoi donc ? Je n'avais pas faim. Je n'avais plus faim. Mon bras me lançait terriblement, mais je ne devais rien montrer.
Etre forte, même quand c'est tout le contraire. Etre forte. Oui, forte. Le reste de la journée se passa comme les autres. Mes jeux d'actrices auraient pu être nominés aux Oscars, je crois bien.

____Mégane... Il me plaisait tant de la voir, de l'observée, de l'aimer dans mon silence quasi saint. De ne plus être à chacun de ses regards. De ses gestes. Mon amour m'enveloppait dans une musique, me retirait du monde. Je n'entendais plus rien, il n'y avait plus qu'Elle...et moi, dans un sens.
Mais le soir, je me perdais dans un sort d'auto-massacre.
Comme une drogue pour ma survie. Mai approchait, ma fin aussi... Du moins, j'en avais l'impression.

____Une fois seule, l'envie me prenait, encore.
Mon bras picotait, toujours.

____Les cicatrices avaient à peine le temps de disparaitre que de nouvelles les remplaçaient.

____Mon sang coulait, encore.
Le plaisir m'envahissait, toujours.

____Ce soir la, bien consciente, je cherchais une nouvelle fois le cutter.
____Je n'osais pas me regarder dans le miroir, et je savais déjà ce a quoi je ressemblais. Mon corps était tremblotant, ma silhouette blanchâtre, mon c½ur battant et mon esprit dissipé, comme a chaque fois que je n'allais pas bien. Dix minutes que je cherchais sans trouver l'objet de ma délivrance. La rage et la colère me poussèrent à prendre la première chose qui me tomba sous la main ; mon compas.
____Encore énervée, je commençais sauvagement mon rituel d'abandon. Ma raison ne me suivait plus.

_______Un coup, deux coups. Des coups.
_______Une trace, deux traces. Des traces.
_______Un sang, un seul sang. Le mien.

____Je ne sentais plus rien. J'appuyais de toutes mes forces sur le compas. Les plaies étaient profondes, mon esprit embué, mais la douleur n'existait pas. N'existait plus.

____Seul mon c½ur en lambeaux me déchirait la poitrine. J'avais envie de hurler ma rage, de rire stupidement, de sentir une explosion de je ne sais quoi dans mon corps. Je ne voulais plus être, mais en même temps si. Je crois que dans un sens, je mourais un peu plus a chaque goute de sang déversé, telle une larme armée de regrets... et d'amour surtout.

Photography by confusedvision. *
# Posté le dimanche 14 octobre 2007 14:58
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:41

#11

#11
____Début Mai :
____Mes amis ne me reconnaissaient plus. Les expressions de mon visage étaient dur, mes yeux vides et mes gestes lourds. Mon anniversaire approchait. Une idée germait dans mon esprit sans que je ne m'en rende compte.

____Au fils des jours passés, je connu le nom et l'adresse de Mégane... Mais je ne vous dirais pas comment. (En Roller, en passant devant sa maison après l'avoir suivit avec une autre fille) (Oups.) La date de mes treize années de naissances était vraiment proche. Mais c'était pour un tout autre anniversaire que je suis entrée ce jour là, dans cette boutique.

____L'odeur parfumée m'avait frappé, et une voix m'effraya :

- Puis-je vous aider ?

____«NAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAN»

Que faisais-je là ?

- Euh...

____Je vous passerais les détails. Je faisais tache parmi la clientèle ayant pour la plupart trois fois mon âge. Simplement, en ressortant, je savais qu'une chose allant complètement changé ma vie allait se passer. Le 12 Mai, Mégane ouvrira sa porte. Elle verra un bouquet de roses rouge, avec une petite carte disant « Parce qu'il y a deux mois j'ai croisé tes yeux pour la première fois... » Signée par une personne anonyme... Moi.

____Mon anniversaire, le 9 mai, se passa mal. J'étais malade, je ne mangeais pas grand-chose, j'attendais simplement que le bouquet arrive chez Mégane, le c½ur battant. Je ne savais pas se qu'il allait se passer. Chaque jour je la regardais, comme si après ce fameux 12 mai, je n'aurais plus le droit. Comme si le peu de lumière éclairant son visage allait s'éteindre.
____Il n'y avait aucun mot pour définir mon état.

____Le matin du 12, je me suis reveillée comme si un coup de fouet m'avait frappé à la gorge. Je n'arrivais plus à respirer. Mes reves etaient peuples de roses m'etouffant sauvagement ou de mains suspendu dans l'air me donnant des baffes hurlant que j'étais une erreur de la nature. Malgre l'aspect drole de ces reves, mon c½ur battait à 200 km/h.

____ « Aujourd'hui. Grand Jour. » Jour qui, sans que je ne le sache, me rendera malade.

____Je suis restée toute la journée en pyjama, me concentrant seulement sur les plaies ouvertes de mon c½ur et de mon bras. C'était d'un ridicule frolant la paranoia. Comme si c'était une drogue, je m'enveloppais dans ce sang si futile comparé aux réels sentiments. Soudainement l'idée que j'avais eu me paraissait stupide et ringarde. Mon dieu, ou tout homme barbu qu'il puisse exister et auquel je ne crois pas, sauvez-moi de ce pétrin. J'esperais silencieusement et avec egoisme que le livreur allait faire un accident ou, pour être moins sauvage, allait oublier ma commande.
Le lendemain, ma journee se passa de la même manière. J'attendais avec impatience que les heures passent plus rapidement.
____Je ne dormais pas de la nuit, effrayée par l'idée de sa réaction du lendemain...

____Je me suis levée, les yeux engourdit par le sommeil manquant. Avec une lassitude à en faire mourir des morts, je me suis habillée, cherchant de quelconques vetements potables. J'avais tres peu de vetements et je mettais souvent le même pantalon trois ou quatres fois par mois, lavé bien sur. Ma dégaine toujours aussi nonchalante, avec un air je-m'enfoutiste depuis quelques temps toujours gravé sur le visage, je sortai dehors, accueillant avec quelques frissons une douce chaleur. J'avais l'impression que tout le froid qui m'avait entouré durant tant de temps venait de s'essoufler. Alors que la pression de cette journée était censée être à son comble, tout le contraire s'était produit. En réalité, c'est comme si la peur m'avait quittée a ce moment la. Mégane n'acceptait pas mes roses ni le fait que je puisse être homosexuelle ? C'est qu'elle n'était pas faite pour moi et n'étais pas aussi parfaite que ces deux mois ont put me laissé entendre. Et je savais que ce ne serait pas le cas. Que tout ce passerait dans un minimum de respect. Le fait qu'elle me dise qu'elle soit hétéro me blesserait sans doute, mais je le savais déjà, malgré tout mes espoires. Oui, a ce moment la je crois que j'allais tres bien... et en même temps tres mal. Une impression assez étrange mais si savoureuse, car irremplacable. Je me disais que seule Mégane pouvait causer un si grand sentiment... et c'est toujours le cas. Si elle m'avait rendue si folle, c'était bien pour une raison. Mon intuition jusque la avait toujours été correcte... Comme si une force exterieur m'aidait. C'était spécial oui. C'était fou, surement. C'était moi, réelement. Perdue dans mes pensées, je n'avais même pas vu les transports en communs arriver. Le chemin se fit dans le même état d'esprit perdu et dissipé dans un amour qui m'emportait loin, bien au dessus des nuages, du ciel. Bien au dessus de tout. C'était si enfantin et si naif, que je l'aimais encore plus. Une innocence preservée de toute réalité si brute.

____Je me souviens m'être arretée devant le portail le c½ur battant malgré tout. J'hésitais à partir en laissant deriere moi un simple coup de vent et quelques cheveux éparpillés ca et la, ou a affronté cette situation que j'avais moi-même créer. Je pris mon courage a deux mains, deux pieds, dix doigts, dix orteilles, un millier de cheveux et avec tout ce que je pouvais, et j'entrai dans l'arene.

____La premiere chose que j'ai vue n'était pas tres différente au collège habituel. Une centaine d'éleves, pas tous réveillés, accueillant avec la plus grande joie du monde leur journée de cours... Ahah.
La seconde chose était une amie qui me sauta au cou pour me dire bonjour. Elle resta d'un perplexe devant ma tete matinale et désespérée. Je cherchai Mégane du regard. Aucune trace.

____Et puis la je la vis. Entourée de ses amis, parlant assez calmemant. Mes roses avaient-elles été envoyées ?

____La journée passa et mon regard restait pointé vers Mégane. Si elle avait eu les roses, elle n'en paraissait pas moins changée. Elle ne paraissait pas vouloir savoir de qui elles provennaient, ou du moins de cherchait pas du regard. Elle était vraiment étrange. Une éclaire soudaine éclaira mon esprit : Je n'avais pas signé, donc dans tout les cas Mégane n'aurait pu savoir que c'est moi qui les lui ai envoyés. Elle ne pouvait même pas savoir si c'était quelqu'un du collège ou non ! Ma stupiditée me frappa en plein visage. Comment avais-je pu oublier un détail aussi fondamental ?!

____Le soir, confuse d'avoir été si peu prevenante, je me dirigeai avec lassitude vers la gare, esperant pouvoir y croiser Mégane. Elle n'était pas à l'arret de bus, n'était nulle part. T'en pis. Ce que j'esperais être le declencheur de quelque chose fut, une perte de temps et d'argent. Et d'espoir surtout. Mon c½ur paraissait esoufflé. Comme si chaque battement n'était plus qu'une souffrance du a quelque chose de bien peu grave. Quelque chose qui aurait du être bien peu grave. Mais pourquoi, pourquoi avais-je si mal, pour une fille que je ne conaissais pas ? Qui ne me conaissais pas et ne me conneterait surement jamais ? Parce que je l'aimais. Oui, réponse si facile mais tellement vraie.

____J'aimais une parfaite inconnue, qui me faisait vivre chaque jour un peu moins part des regards, parfois perdu dans un vide qui me paraissait si proche de moi, mais qui, malgre toutes mes esperances, n'étaient pas destinés a ma personne.

Photography from here. *
# Posté le mercredi 17 octobre 2007 09:24
Modifié le vendredi 22 février 2008 19:45

#12

#12

____Le lendemain soir, j'entrai a nouveau chez la fleuriste, bien decidee a tout reprendre en main ; j'avais commencé le procecusse de ma propre destruction, j'allai le finir. J'avais preparer a l'avance une enveloppe contenant des petales de roses rouges et, sur l'une d'entre elle, avait grave a l'encre de chine « L ». L'enveloppe une fois fermee sur cette piste, je la posai sur le comptoir en demandant a ce qu'elle soit jointe avec l'unique rose que j'allai envoyer, une rose blanche. Une fois de plus, je sortais de la boutique, le c½ur battant. Des frissons jonchant le moindre millimetre de ma peau.

____Il fallait que cette fois-ci, Mégane soit au courant. Je m'étais donner une seconde chance, j'esperais que celle-ci fonctionne. La nuit me laissa seule dans mes pensees capricieuses, envieuses, reveuses. Le lendemain j'allai en cours, avec la même joie de vivre qu'eprouverait un homme mort depuis quelques annees déjà. Je n'attendais que le moment ou Mégane comprendrait enfin que c'est moi, moi, la fameuse personne anonyme. Mais le comprenderait-elle un jour si rien ne precipitais les choses ? Dans tout les cas, une voix au fond de moi me disait qu'elle n'était pas pour moi. Que quoi qu'il puisse se passer apres l'envoie de ses roses, nous ne serrions pas ensemble.

____La pause de dix heures debuta et alors que je me precipitais dehors pour la voir, une amie m'attrapa par le bras.

- Laura, tu savais qu'on a une interro en physique ?

- P*tain de m*rde ! Je ne connais pas mon cours...

-... m'etonne pas en ce moment t'es...

- C'est bon, passe moi de tes commentaires !


____J'ouvrais mon cahier, essayant de dechiffrer les thermes si simple mais qui me paraissaient si complexe a ce moment la. Mégane flottait dans ma tete, son sourire, son regard. Il ne fallait pas que je cede a la tentation de la regarder, sachant qu'elle était en face de moi, a l'autre bout de la cours.

____« Bon aller Laura, un dipole ? Souviens toi, un dipole c'est... c'est... euh... tiens bonne question, c'est quoi un dipole ? Bon sang ! Un fichu dipole c'est... ouai bon, laisse tomber. Une D.E.L ? C'est quoi une MEG ? MERDE Laura concentre toi, une DEL ? Une D... »

- Laura... Laura... youhou Laura...

____De nombreuses voix raisonnaient autours de moi sans que je ne les ecoutes. Sans lever les yeux, je dis simplement :

- Laissez-moi tranquille, j'essaye de reviser !

____Des murmures se faisaient de plus en plus nombreux, assaillant mon esprit qui essayait tant bien que mal d'assimiler les suites de lettres qui etaient inscrites sur mon cahier et, a l'occasion, de les comprendres.

- Tu crois franchement qu'elle fait expres ? Nan mais parce que la elle exagere quoi... Laura ? Laura ! Lauraahahahahahah... ? Pouf*asse a lunette ? Laura ! Mais bordel allez la cogner ! LAURA ?!

____Je levai enfin les yeux, prete a enfoncer mon cahier dans la gorge des idiots qui me derangaient.

- Mais vous av...

____Et la mon c½ur cessa de battre.
Et vous savez ce que j'ai dis ?

- Oh merde.

____Elle était la, ses yeux verts me fixants timidement. Un sourire gene aux levres. L'air qui reussissait encore a passer dans mon organisme était douloureuse. Elle. Elle. Mégane. Il fallait que je parle mais aucun mot ne sortait de ma bouche.

____« Bah voila Laura ! J'espere que t'es fiere de toi, le premier truc que tu lui sors c'est « Oh merde » ! T'es pathetique ! Ouvre la bouche et dit lui un truc d'intelligent ! »

- Euh... mh... sa... sa... sal... ut.

____« Bah BRAVO ! De mieux en mieux ! Ferme la bouche, c'est peut être mieux, finallement. »
Mes amies avaient disparues, etrangement. Mégane continuait de sourire.

- Salut...

____« Bah tu vois, elle arrive à parler, au moins ! Continue de parler. Tu sais, c'est ce qu'on appelle faire la conversation ! »

- Ca... va ?

- Oui et t...

- T'as recu les roses ?

- Oui c'est sup
...

____Le son de la sonnerie retentit. Je ne pensais qu'à partir. Sans m'en rendre compte, la phrase la plus ridicule que je n'ai jamais crus pouvoir entendre sortait de ma bouche.

- Euh...bon je... vais aller m'tuer plus loin ! Tchao !

____Et je partai, d'un pas precipite, vers mon cours de Physique. Je n'en étais toujours pas revenu. Moi ? Mégane ? Parler ? Oh mon dieu ! C'était si incroyable, j'étais dans un état second. Je m'assayais a mon paillasson, me tournant vers ma voisine, les yeux perdu dans le vide.

- Lisa... C'est la premiere fois qu'en baissant un cahier de cours, je vois un ange...


Extraite du making-of du clip Beliy Plashik. * Lena Katina.
# Posté le mercredi 17 octobre 2007 10:13
Modifié le vendredi 22 février 2008 19:44

#13

#13
____Les deux heures de cours me separant de la pause de midi passerent a la Vitesse grand V. Etrangement, les cours me passionnaient enormement temps qu'ils pouvaient me preserves du regard de Mégane. Ce regard qui savait a present. Qui savait, qui conaissait, mes sentiments. Mon moi qui lui était jusqu'avant inconnu. Malheureusement, l'option dejeuner en classe n'était pas approuve par le reglement interieur de l'etablissement et c'est donc avec le c½ur cherchant à se pendre avec mon intestin grele que je sortai dehors, l'amour au grand jour, que même le soleil ne parvenait pas a aveugle.

____Je rejoignais mes amies, prennant A. dans mes bras. Nos relations s'étaient finalement ameliorees, bien qu'elle se comportait etrangement avec moi. Avant, elle n'accpetait pas que je la touche. La, elle me prennait d'elle-même la main. Les liens sont parfois bien etranges. Pour moi, tout était claire : Je ne retrounerais pas avec elle, quoi qu'elle fasse. Mes amies fideles, pour la plupart gays, m'entouraient à present. Ils riaient avec moi. Dans les rangs de la cantine, essayant de trouver l'ombre de Mégane, je vis qu'elle montait les escaliers. Aujourd'hui, elle était prioritaire, j'avais oubliee ! Quel soulagement.

____Cependant, quelque chose me tourmantait interieurement. Je savais que Mégane ne sortirais pas avec moi, et ne m'aimait pas. Et maintenant que ma demarche été accomplie, je me sentais fautive : Je lui avais fais perdre son temps. Soit, elle esperait que c'était un homme, bien qu'une si jolie fille ne pouvait être celibataire, soit... soit rien. Je lui avais fais, simplement, perdre son temps. Une tentative futile de croire en mon reve amoureux. Et puis, une envie incontrolable de lui presenter des excuses me prit. Des excuses, d'une manière ou d'une autre, et tout de suite ; Je ne me sentais pas bien. Que j'avais été stupide ! Je regardais une derniere fois faire les portes de la cantine. Je ne la reverrai plus avant quinze heure trente, et d'ici la, mon envie se sera dissipee. Je regardai une amie a moi, puis, les amis a Mégane. Et si je... ? Si... J'usais une fois de plus de quelqu'un ? Serait-ce si mal ?

____J'envoyai finalement une amie à moi porter le message suivant ;

« Laura s'excuse d'avoir fait perdre a Mégane tout son temps, et s'excuse aupres de vous aussi. »

____C'était lache, mais si simple. Mon amie revint avec la reponse suivante ;

« T'es gouine ? »

____Mon c½ur cessa de battre. Quelle reponse ! Seraient-ils homophobes ? Dans ce cas, peut-être que Mégane le serait aussi. J'esperais que non. Ce que j'avais pu voir d'Elle ce jour la m'avait fais penser que non. Mais tout le monde peut se tromper. J'envoyai a nouveau mon amie ;

« Oui. »

____Puis la, mes doutes se confirmairent ;

« Tu sais, elle a un copain en ce moment. »

____Oui... Malheureusement, je le savais.

« Raison de plus : Je m'excuse. »

____Une derniere reponse avant que moi-même je ne monte dans la cantine. Je remerciais mon amie de son service, regardant avec degout mon assiette. Je n'avais pas faim. Je n'avais plus faim. Malgre le fait que je m'y attendai, une partie de moi esperait interieurement ne jamais entendre ses mots. Je savais que Mégane était a quelques tables de nous. Et je savais qu'elle me regardait le dos, parfois. Une impression qui s'est revelee juste quand mon amie me murmurais qu'elle me lancait des regards et que peut-être un jour, je serais assise a sa table. Sans espoires, je ne pouvais que reprimer mon envie de vomir. Me faire mal, encore. Je serrais mon couteau si fort que mes jointures et le bout de mes doigts devinrent tous blancs. Je n'entendais plus le bruit exterieur, simplement cette impression que mon c½ur battant fort contre mes tempes, m'arrachant un peu plus l'envie de vivre à chaque tentative de sourire. Puis, comme un soulagement, je me restrins au silence.

Photography by Reiji Suzuki.
# Posté le jeudi 18 octobre 2007 15:36
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:44

#14

#14
___Finalement, je sortai dehors, rejoignant mes amies, regardant stupidement le sol. A quoi bon lever les yeux, si ce n'est pour voir la honte s'etendre sous ces derniers ? A. me prit encore une fois dans ses bras, me murmurant à l'oreille qu'elle était desolee. Etait-ce sincere... ? Elle me rassurait. Soudain, elle me donna un coup de coude.

- Aie ! Mais ca va pas ?!

___Surprise, je n'avais même pas vu qu'une des amies de Mégane se tenait pres de moi.

- Salut

___Elle s'adressait a moi. Interieurement, tout un meli-melo de sentiments, de questions, me tiraillaient le ventre.

- Salut...

- C'est Toi Laura ? La fille amoureuse de ma copine ?!


___Pardon ? Sa copine... ? Dans quel sens ? Je bessai les yeux, voulant regarder le sol, et mon regard tomba dans le blanc... de sa poitrine.

« Oh mon dieu Laura, LEVE LES YEUX ! »

- Oui je suis amoureuse d'Elle, sa pose un probleme ?

- Euh... Non...


___Apparament mon ton sec venait de couper son elan de fierte.

- Et c'est vrai que t'es lesbienne ?

« RAAAAAAAAAAAGH Mais si j'aime les filles, tu crois que je suis quoi ? Heiiiin ? Ouiii je suis LESBIENNE, GOUINE, GOUDOU, VAGINTARIENNE ! »

- Oui c'est vrai. Ca pose aussi un probleme ca ?

- Euh non non... Bon je vais y aller.

- Au faite, presente mes excuses a Mégane, s'il te plait. Je ne sais pas si tes autres amis vont le faire, donc voila.


___Elle se retourna et se dirigea vers Mégane à nouveau, qui elle, était assise en compagnie d'une amie sur un banc, attendant surement son cours.
Qu'allait-elle lui dire ? Pourquoi était-elle venue ? Et « sa » copine ? Sa copine dans quel sens ? Je me faisais surement des idees, esperant qu'elle soit homosexuelle. Esperant qu'elle aime les femmes. Esperant qu'un jour peut-être, elle soit amoureuse de moi. Un fantasme de mon c½ur desespere.

___A. me regardait, et pour la premiere fois dans ses yeux, je lisais une once de fierte envers moi. Elle me prit par le bras, et m'entraina loin du banc ou se tenait Mégane, loin de l'endroit ou mon c½ur s'était briser en mille morceaux. Au fond de la cour, accompagnee par mes autres amies, je me mis à rire de moi-même. Comment avais-je pu croire qu'Elle serait lesbienne ? Comment avais-je pu croire que j'aurais une chance ? Mes rires s'etoufferent. Se briserent en eclats de douleur. Soupirs. Mon c½ur s'essoufflait à chaque respiration. Pourquoi étais-je dans un état pareil pour une simple fille ? A. me prit encore une fois dans ses bras. Melanie, une amie a moi, faisait des singeries deriere le dos d'A, me faisant sourire. Et soudain, elle s'ecria :

- Tu verras Laura, on va tout faire pour que Mégane atterisse dans ton liiiiiiiit !

___A. me lacha et me donna un coup de coude une seconde fois, et moi, souriant de la betise de mon amie, je me retournai pour voir une Mégane etonnee devant mes yeux.

- Oh merde...

___Je regardai Melanie, qui apres avoir crié de telles choses devant Mégane, était partie loin, tres, tres loin, esperant eviter ma foudre.

« Bravo Laura, tu as encore reussi à lui sortir « Oh Merde » Elle va surement commencer a croire que c'est ta manière de l'acceuillir ! »

- Euh... salut.

- Salut... Dis, ca te dirais qu'on s...


___A ce moment la, mon c½ur s'accrocha a ce s qui paraissait sortir tout doucement de sa bouche. J'avais l'impression qu'il allait s'arracher et sauter hors de ma poitrine. Allait-elle dire « sorte ensemble ? » ? C'était si precoce, mais mon imagination, mon c½ur, mon corps, mon envie, ma raison, mon moi tout entier voulait qu'elle termine sa phrase ainsi.

-... soit amies ?

___Le temps reprit son cours normal. Encore une fois, je m'étais laissee emporté par l'espoir, cet ennemi.

- Je... euh... oui... enfin... ca fait... euh... des semaines... que... enfin... que... je cherche... hm... ton adresse Messenger... et euh... personne... ne l'a...

- Mouahahhaah, c'fait trop pas la fille qui l'espionne.


___Mon amie de tout à l'heure était revenue simplement pour dire cette stupitidee, je crois. Voyant que tout le monde s'était retournee vers elle, elle plaqua sa main devant sa bouche, fit les yeux ronds et repartit tres vite.

- Je vais la tuer celle la, j'vous jure.

___Mégane ne paraissait pas avoir entendu mon dernier commentaire. Dans mon esprit je m'imaginais en train d'etrangler mon amie, et, etrangement, je me sentais mieux.

- Bah... si tu la veux, je peux te la passer. Je la donne rarement, mais voila...

- Ah... Oui j'veux bien, merci !

___J'étais heureuse. Finalement, tout cela, tout ces malheures, toutes ces peurs n'etaient pas vaines. J'allais enfin pouvoir parle avec elle, la connaitre. Par ecran interposes, certes, mais ce n'était pas si mauvais ; les relations se nouent plus facilement grace a la magie du net.

___Mégane était partie à l'autre nout de la cour et moi je regardai ses deux amies qui l'attendaient pres de moi.

« Bon Laura, soit gentille et parle leur »

___La fille à la poitrine genereuse qui était venue me parler tantot discutait avec la fille qui était assise a cote de Mégane auparavant. Je m'approchai et commencai a parle avec elles. Elles restaient tres evasives, me donnant quelques reponses furtives. Voyant qu'elles n'avaient vraiment aucune envie de discute, je me contentai de regarde en direction de Mégane, me demandant quand allait-elle enfin revenir. Apres une dizaines de minutes qui me parurent être une eternite, elle revint enfin, un bout de papier dans la main.

___Souriante, elle me le tandit, prononcant un «tiens » timide mais si mignon. Tout mon interieur se rechauffait a la vue de ce sourire, qui apres tant de temps m'était enfin destine. Comme s'il s'agissait d'un tresor, les mains tremblantes, je pris le fameux bout de papier.

___Levant les yeux, je m'appercus qu'elle portait le haut noir et violet qu'elle portait la premiere fois que je l'ai vue ; Le hasard fait bien les choses.

___Elle repartit ensuite avec ses amies vers sa salle de cours. Attendant qu'elle s'eloigne, sans un mot, je me mis à danser sur place, resemblant a une fille prise de douloureuse convulsions, levant les yeux vers le ciel et remarquant pour la premiere fois depuis des mois : il faisait beau.

___Le reste de la journee, contemplant le papier que j'avais toujours sur moi, refusant de le laisse à la porte de qui que ce soit, je planais. L'envie de vivre m 'avait regagnee aussi vite qu'elle s'était enfuie loin de ma folie devastatrice, et durant le court moment de pause qui nous était accorde je regardais Mégane. Mon regard se faisait plus discret orsque je m'appercevais qu'elle lancait des regards vers moi, de temps à autre.

___Jamais nous ne serions ensemble, mais le fait de la conaitre un peu plus, de lui parler, d'imaginer faire des sorties entres amies me soulevait le c½ur à chaque fois qu'il oubliait de le faire lui-même, trop heureux.


Photography by Laura M. < Moi. > T-T
# Posté le lundi 12 novembre 2007 14:52
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:44