#15

#15
____Le soir même, courant vers la gare ou se trouve l'arret de bus, les temps noirs paraissaient loin. Renaissance. Prenant le premier bus s'offrant a mon impatience, je rentrais, balancais mon sac dans un coin, allumais la chaine hi-fi puis l'ordinateur.

____J'attendais impatiamment notre premiere conversation. Les heures deflaient devant moi sans que je ne quitte l'ecran des yeux. Obcession. Sans me lever pour aller aux toilettes, pour aller manger, pour aller faire mes devoirs, sans me lever pour vivre, je restais la. Attendant, encore et encore. Sans plus aucuns espoirs, je me levai, prete à partir. Ouvrant la porte, tout euphemisme disparut, j'entendai enfin se que j'avais attendu durant des heures : Un leger bruit indiquant une connexion. Je me precipitais a mon bureau, ecartant la chaise et m'assayant... par terre. Trop pressee, j'avais oublié de remettre le siege deriere moi. La seule personne qui pouvait se faire signaler en ce connectant c'était elle ; J'avais bloqué tout mes autres contactes par peur d'avoir un moment d'intattention et de rater sa connexion.

____Le c½ur battant, je n'osais pas lui parler. Une peur indescriptible m'assaillait le c½ur. Ouvrir cette fichue fenetre, taper sur ce fichu clavier, des choses trop simplement compliquees pour mon etat. Finalement, gestes par gestes, desamorcant la bombe qu'était devenue mon esprit, j'ouvrai a fenetre de la conversation. Tremblants, mes doigts glisserent sur le clavier tapant machinalement mais avec attention un « Salut » tres timide. Une seconde... Deux secondes... Le temps defilait devant moi, me narguant de mon impatience.

- Salut !!!

____La reponse venait d'apparaitre devant moi. Les points d'exclamations me surprenaient et me frappaient droit au ventre, me redonnant courage. Douleur joyeuse.

- Ca va ?

____Une seconde, deux secondes, trois secondes...

- Oui et toi ??

- Ca va.


____« Tu parles, je vais mieux que bien poupey ! Oulalalalalala, Laura, calme-toi ! On dirait vraiment un homme parfois. »

____Je cherchais une question quelconque à lui poser, mon regard perdu observant attentivement ma chambre, tombant sur ma basse puis sur l'ecran.

- Tu joues d'un instrument ?

____Encore une fois les secondes defilaient devant moi, et, desesperant a la premiere minute, je recus enfin une reponse.

- Oui, de la guitare et du clavier, et toi ?

- De la basse et de la batterie. Puis la flute a bec un peu avant d'avoir les cours au collège... Mais euh... Oublie ca, c'est pathetique.


____Je fixais cet ecran, comme si soudainement Mégane allait en sortir pour m'embrasser fougueusement. Ne faisant pas attention a mon coeur qui apparament commencait des travaux dans ma cage thoracique, je reflechissais, comptant les minutes.

____Sa reponse était si longue que je ne pouvais cesser de l'imaginer se tordant de rire devant son ecran, se moquant de moi. Soudain, je poussais un cri : La reponse venait d'apparaitre devant moi, et me surpris a un point monstrueux.

- Cool ! Ca te dirais de faire de la batterie dans notre groupe ? On cherche un batteur !

____Je n'ai pris que quelques cours de danse classique dans ma vie, mais je me levais pour valser avec un cavalier totalement invisible, hurlant de joie. Même si elle demandait sans doute a chaque batteur qu'elle croisait, je ne pouvais m'empecher de pousser d'enormes cris, les bras en l'air. Mais je stoppais ce jeu vulgaire rapidement. Je ne pouvais accepter, j'avais déjà un groupe, aussi nul et inexistant pouvait-il être, c'était le seul qui me rattachait encore a une vie sociale. Durant ma folle exitation, je n'avais pas vu le second envoie de Mégane qui m'enfoncais dans une tristesse si rapidement que j'avais l'impression d'être un yo-yo.

- Je suis desolee, mais je dois y aller ! A plus !

____Elle apparaissait déjà comme etant hors-ligne, mais je ne pouvais me resoudre à laisser un blanc.

- On verra... a plus...


Source Inconnue.
# Posté le vendredi 16 novembre 2007 17:24
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:45

#16

#16

____« Ses levres m'enhivrent, si douces. Ses bras m'enveloppent dans un oubli si bon, un oubli salvateur. Nos corps, si proches l'uns de l'autre, se frolent, n'osant pas coller a l'autre. Mes levres passent dans son cou, goutant a sa chaleure corporelle tant desiree. Une de mes mains lui caresse le dos, la seconde passe dans sa nuque, puis dans ses cheveux. Elle ferme les yeux. Je l'aime tellement, et ce soir, je veux qu'elle le sente. La lune brille dehors, alors que nous nous abandonnons l'une a l'autre. Ses yeux verts me foudroient. Le desir se lit dans son regard d'une manière si profonde que j'ai l'impression que mon corps tout entier vibre au rythme de mon c½ur. On s'allonge sur le lit, nos levres se rencontrent une nouvelle fois. J'aime l'odeur de son corps, de sa peau, si douce. Elle m'embrasse, sa main glisse le long de mon dos, passe sur mes fesses, touches mes cuisses. Je ferme les yeux, savourant ce moment. Je l'embrasse encore, presse mon corps contre le sien. Mes mains passent sur sa poitrine, c'est a son tour de ferme les yeux. Je perds le contrôle de moi-même, l'envie de l'aimer me rend folle. Mon corps tout entier ressent la presence de son c½ur contre ma poitrine, de ses levres contre ma peau, de ses mains contre mon corps. Je ressens un vide vertigineux en moi, mais si bon. Effrayant. Je l'aime tellement, et je veux l'aimer jusqu'au bout de la nuit. Mes bras descendent encore plus bas, mes mains se font moins discretes. Je lui murmure un « je t'aime » à l'oreille, l'entendant murmurer quelque chose de vague elle aussi. Tout est flou, son corps s'eloigne du mien. Mes bras descendent le long de sa cuisse, essayant de la toucher du bout des doigts. Mes levres recherchent les siennes... Ou est-elle... ? Ou est-elle... ? »

____Je me suis reveillee a ce moment la, regardant autours de moi et ne voyant que la solitude habituelle.

____« Bon dieu Laura, quesque tu as fais ! Pourquoi tu t'es reveillee grosse idiote ! »

____Mon c½ur battait fort, mon bas-ventre etait en feu, je sentais encore l'odeur de sa peau contre la mienne. Pourtant ce n'était qu'un reve. Un simple mais merveilleux reve.

____« T'imagines, si tu aurais continue tu l'aurais viole par la pensee ! C'est horrible, je t'interdis de l'imaginer toute nue ! Même si s'est si bon... Lauraaaa arrete ! IDIOTE. Perverse surtout... »

____Quelle idiote étais-je ! Je n'ameliorais pas mon cas. Lui parler sur le net n'arrangeais pas mes sentiments, cela les amplifiaient au contraire d'une manière monstrueuse. Je venais de violer Mégane par la pensee. M'imaginer l'embrassee, la touchee, alors qu'elle n'était pas au courant était un viol pour moi. Je m'amusais à y penser en riant.

____Je reposais ma tete sur l'oreiller, repensant à notre discussion sur le net. Je ne m'étais pas trompee, effectivement, elle paraissait être si optimiste, si joyeuse... Si merveilleuse. Enfin, ma respiration se calma. Un dernier sourire aux levres, je fermais les yeux pour y voir le visage de Mégane apparaitre devant moi et m'accompagner vers le retour dans mon sommeil.

____Le lendemain je me levais, un sourire aux levres pour la premiere fois depuis longtemps. L'envie de voir Mégane m'enveloppait toute entiere, me propulssant si rapidement vers l'arret de bus. Je sifflais, m'arretais pour sourire, ou rire seule ; Les gens present a l'arret de bus me regardaient, effrayes par ma joie de vivre. Ma conscience était tiraillee par l'envie d'aller en cours et d'y voir mon Ange, et l'envie de retourner chez moi, attendre le soir pour lui parler à nouveau sur le net. Finalement, je remarquais qu'une solution simple s'offrait a moi : J'allais attendre jusqu'au soir, regardant Mégane avec silence, et reprendre parole pour lui parler sur le net. Oui, c'était d'une logique si... evidente. Encore fallait-il que ce maudit bus n'arrive pas en retard, comme a son habitude.

____ « Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. Mégane. »
Mon cerveau saturait, restant bloque sur se seul et unique prenom. Sur cette seule et unique personne.

____Arrivee dans la cour, je me dirigeais vers la place habituelle ou je retrouvais mes amies. Enfin, ces personnes que je pourrais qualifier de conaissances, mais qui finalement ne savent pas grand-chose de moi. Comme je ne savais pas grand-chose d'eux, et ne cherchais pas à savoir. Un bonjour, deux bises, un sourire. Un sourire qui ne sonnait pas faux pour une fois. Ils me parlaient, racontaient leur nuit, leur soiree, et pendant ce temps, je jettais des coups d'oeils vers la gauche, vers la droite. Vers l'arriere... En me retrournant bien sur. (La faculte de voir deriere ma tete ne m'est pas encore atribuee. Que celui qui connait un bon chirurgien me fasse signe.) Finalement, mon regard tomba sur elle. Un sourire apparut sur mon visage, devenant de plus en plus grand, puis eclatant de rire seule, une nouvelle fois. L'envie de sautiller dans tout les sens me prennait encore, mais s'est avec calme que je la combattais.

____« Mégane. Mégane. Mégane. Mégaaaaaane. Mégaaaaaaaane. »
Mon cerveau saturait à nouveau. Mon c½ur battait fort, et moi j'avais envie de serrer dans mes bras chaque personne passant pres de moi. Je me sentais voler. Une simple discussion m'avait rendue folle. Mon amour s'était amplifier d'une manière phenomanale, et je ne comprennais plus ce qu'il m'arrivait. J'avais connue d'autres filles, pourquoi m'emportais-je si vite ? La cloche sonna. J'allais vers le rang de ma salle de classe, croisant Mégane et ne pouvant m'empecher de profite de ce rapprochemant pour la voir de plus pres. Il était trop tot pour la saluer comme une amie. Chose etrange venant de ma part, alors que beaucoup de monde me conaissait et me saluait sans que je ne les conaisse et sans que cela me derange. Mais c'était Mégane qui passait sous mes yeux, et je n'en avais pas la force. La timidite m'avait surprise et m'avait enferme dans une peur effroyable.

____Je fixais toujours Mégane, souriante, quand elle leva les yeux vers moi, m'adressant un sourire genee et partant dans le sens inverse. Elle m'avait sourit ! Elle m'avait sourit ! Je n'en revenais pas. Elle m'avait sourit...


Photography by Martin Kovalik.
# Posté le jeudi 22 novembre 2007 08:10
Modifié le jeudi 21 février 2008 14:47

#17

#17
____Le reste de la journee se passait magnifiquement bien. Les cours m'ennuyaient extremement, et moi je ne pensais qu'à sortir dehors pour voir Mégane a nouveau.

____Durant la pause de midi, ma meilleure amie me poussait à lui dire bonjour. Je luttais contre elle. Je luttais contre cette humiliation qu'elle m'infligeait. Contre cette peur qui m'obligeait à respirer de plus en plus vite, esperant que mon c½ur ne decide pas soudainement de se prendre pour un volatile et ne s'envole hors de la cage toracique qui le retenait.

____Mégane passait et repassait devant moi, marchant de long en large dans la cours, parlant avec sa meilleure amie. Je la regardais, assise sur les escaliers. La cours, quasiment vide a se moment la, me laissait une belle vue sur son magnifique corps que j'avais tant desire durant la nuit. Se n'était pas ses caresses qui me manquaient, mais l'amour qui s'en degageait.

- Youhou ! Mégane ! Mégane !

____Soudainement je me reveillais de mon était comateux pour voir que ma meilleure amie faisait d'enormes signes de la main a Mégane, un grand sourire aux levres.
____« Bon sang, s'est la premiere fois et surement la derniere fois qu'elle mange au collège et il faut absolument qu'elle me fasse un coup pareil ! »

____J'allais donne un immense coup de coude a cette folle furieuse qui agitait ses bras de manière etrange en criant le nom de Mégane, quand celle-ci remarquait que quelqu'un l'appellait. Son regard passait de Thiphaine à moi, puis de moi a Thiphaine. Elle nous fit un signe de la main. J'étais sous le charme, et avec un sourire niais et stupide sur le visage, je ne pouvais faire autre que murmurer un « Coucou Mégane » quasi silencieux en agitant la main mollemant.

- Bahhh tu vois qu'c'était pas si horrible Lol' !

- Arrete de m'appeler Lol' ! Je ne suis pas trois lettres sur le net ! Et pourquoi t'as fais ca ? J'passe pour une idiote !

- Ecoute, si je n'avais rien fait tu s'rais restee la a la regarder sans rien faire ! Tu m'enerves parfois Lol' !

- ARGH ! Je vais te...


____J'allais l'etrangler au moment ou Mégane passait à nouveau devant nous, regardant la scene avec etonnement. Je lui souriais à nouveau, de manière si stupide que je me mis à rire seule.

____Les heures defilaient doucement et je ne pouvais que penser au regard de Mégane se plongeant dans mes yeux. Encore une fois je ne suivais pas les cours. D'ailleurs les professeurs avaient renonce depuis longtemps a essayer de me remettre sur le droit chemin. Encore quelques heures et je serais à nouveau devant mon ordinateur, attendant impatiamment que Mégane ne se connecte. En effet, une fois les cours fini, je me precipitais vers la gare pour prendre le bus le plus rapidement possible. Mon c½ur battait fort, l'exitation grandissait en moi extremement vite, et je souriais, savourant cette sensation de bonheur si etrange. Dans le bus, je chantais fort les paroles de chaques chansons passant sur mon MP3.

- Non je n'ai pas peur !! D'être un sperm donneur !! Yeah !! SUCKER !! * (*Indochine-Vibrator)

____« Oups... »
____Finalement j'arretai de chanter, regardant autours de moi, m'ecrasant sur mon siege.

____Une fois chez moi, je montais violemment dans ma chambre, jettais mon sac et sautait presque sur l'ordinateur.

____« Mégane, Mégane, Mégane, Megaaaaaannnnnneee, Megaaaaaaane ! »
____Son prenom tembourinait contre ce qu'il me restait de cerveau. Je me connectais, abandonnant l'idee de faire mon travail pour le lendemain. Mégane comptait beaucoup plus que n'importe qu'elle note ou remarque que je pouvais avoir. J'attendais et j'attendais jusqu'à qu'elle se connecte enfin.

____Un grand sourire aux levres, je ne pouvais m'empecher de me tremousser sur ma chaise, sautillant d'impatience. Je n'osais lui parler, mais l'envie était plus forte que la peur. Apres quelques minutes à fixer son pseudo, je me decidais enfin a cliquer dessus, ouvrant la fenetre et envoyant un « Salut » tout aussi timide que la premiere fois.

- Salut !

____La conversation continuait sous forme de questionnaire pour se decouvrir l'une l'autre. Elle me demandait ce que j'aimais, je lui demandais ce qu'elle aimait. Nous partagions plus de point communs que je ne pouvais le penser : Elle aimait les mêmes groupes que moi, les memes choses dans la vie. C'était si fou que je ne pouvais m'empecher de me dire que c'était irreel. Encore une fois elle partait tot, me laissant me rememorer chaque details de notre conversations, l'esprit reveur.

____« Toi au moin tu n'es pas comme les autres, ce que la plupart des gens veulent, c'est avoir du benefice, du benefice, toujours et encore du benefice. Ils sont tous egoistes. Non toi tu ne l'es pas. C'est rare. »

____Je souriais. Je ne pouvais m'empecher de me rappeller toutes ses sensations qui m'avaient parcourut quand elle m'avait complimente. Je ne cessais de me repeter « Elle m'aime bien »,limentant mon c½ur d'une energie incroyable.

____« Elle t'aime bien Laura... Elle t'aime bien... »

Photography : Indochine (French Music Band)
# Posté le mardi 18 décembre 2007 11:22
Modifié le jeudi 28 février 2008 10:40

#18

#18
Me dire qu'elle m'aimait bien me rendais folle de joie. J'attendais chaques jours le moment où je pourrais me connecté et enfin lui parlé, et au fils du temps, ce petit jeu devenait une drogue dure sans laquelle j'aurais repris mes anciennes habitudes.

Je me sentais légère, comme je ne l'avais jamais été, et inconsciément continuait de me faire éspérer plus. Je ne sais pas si elle le faisait exprès, mais dans les moments où mon coeur s'acharnait le plus à me remonter le moral, elle me parlait soudain de son bel amour avec le parfait Arnaud. Intérieurement, une jalousie pure et malsaine me parcourait, mais je ne pouvais en vouloir ni à Mégane ni à Arnaud. La première était heureuse, le second la rendait heureuse. Et, pensez-en ce que vous voulez, mais me dire ça me reconfortait, et constituait la seule lumière éclairant mes journées. Elle était heureuse. Elle m'aimait bien. Tout était parfait... ou presque.

Fin Mai.
Mon moral redescendait en chute libre. Je perdais à nouveau le contrôle de tout.
Mon état de stress intense m'empêchait de dormir. M'empêchait de manger. M'empêchait de travailler. Ma vie se résumait à des crises, me faisant trembler de colère, de peur, de tristesse et d'effroi. Plus temps passait, et plus elles devenaient incontrôlables. Je me mordais, me cognais aux murs de ma propre prison, me coupais du monde extêrieur, me coupais tout court.

Le seul moyen qui se présentait à moi se réduisait au silence, et à une souffrance que je m'infligeais plus qu'on ne me l'infligeait.

Malgré tout, la vie ne cessait et ne se résumait pas au sort d'une pauvre imbécile. Le soleil brillait, les oiseaux chantaient, il faisait chaud, il faisait beau. “Eh puis merde.” Le temps m'interaissait autant que la survie d'un ver de terre contre je ne sais quel animal ayant faim. Oui, plus rien n'avait d'importance, m'enfermant dans un égoïsme fou et basé autours de ma propre personne.

Un de ces jours ensoleillés, et comme beaucoup d'autre, une crise m'avait cloué au sol, creusant encore plus les cernes sous mes yeux. Ces yeux qui ne trahissaient plus mon inexperience de la vie.
“ Tu fais plus que ton âge.”
Les commentaires du genre se suivaient. Je me refrognais à chaque fois. J'allais mal, j'étais naïve, décédée dans un sens, et ce qu'ils trouvaient à me dire se resumait à “Tu ressemble à une vieille peau.” Je survivais à ma propre torture, en quoi était-ce une preuve d'une quelconque mâturité. ?

Une crise, encore.
Vite, une feuille, un stylo. Outils primaires, ou presque, mais étant la seule option anti douleur corporelle qui m'était offerte.
J'écrivais, j'écrivais, encore, encore, couchant sur le papier un mal-être si impur, me confiant à cet unique ami fidel, lui murmurant mon histoire, souvent entre-coupée de “Mégane, Mégane, Mégane” incessants et psychothiques.

- Ton frère ne va pas tarder.

Cette seule et unique phrase avait servie à couper mon envie d'écrire. J'avais réussie à me calmer, et je refusais de perdre tout calme si doux à nouveau. L'arrivée de mon demi-frère me rendait anxieuse. Non, je ne voulais pas être confrontée à lui. À ses prejugées, ses remarques racistes, ses remarques homophobes, ses remarques tout court. Une certitude, une fois mon frère à la maison, les seuls sujets abordés allaient être: Pognon, Cul, Violence, et je dois dire que ce n'était sûrement pas les sujets que je préférais. Quelques fois, et uniquement les bons jours, j'avais drois aux histoires cocasses, coquines et cocues des bidasses de sa caserne.

J'abandonnais tout. Écrit, stylo, et toute forme de joie possible, aussi fausse avaient-elles pu être, montant à l'étage le plus rapidement possible. Grâve erreur.

Fuir mon frère s'est avéré facile, mais fuir ma mère n'était pas dans mes intentions. Elle aussi, connaissait mon frère mieux que tout au monde certainemet, étant sa mère aussi. Elle rangeait mes affaires, de peur que mon frère les lises, se permettant de le remplacer dans cette si dure tâche qu'est celle de me pourrire la vie en supprimant tout droit à une vie privée qui m'était acordé.

Une heure, deux heures, trois heures. J'attendais patiamment, effaçant toute preuve pouvant rappeller ma présence dans cette maison, et au mieux, sur cette planète. L'heure du dîner approchait, et, se fiant à cette habitude, je ne mangeais rien. Je descendais, cherchant ma mère pour le lui annoncer, bien que le contraire l'eût étonnée.

Je toussais. L'odeur âcre d'un futur cancer dû à la cigarette me prit à la gorge, comme à chaque fois. Ma mère, facilement repérable par sa dépendance odorante était dans la cuisine, ou, autrement dit, la salle à manger et à regarder des reality show stupide du français beauf à la télévision.

Elle ne me regardait pas, fixant de ses yeux vides la télévision. Qui d'elle ou de moi souffrait le plus? Je ne sais pas. Elle sûrement. Je m'en voulais. Sa vie était un désastre, ses enfants étaient des désastres, son mariage en était un. Et, la seule personne à laquelle elle pouvait se ratachée était sa défunte mère, mon incroyable grand-mère.

Je passais devant elle, comme à chaque fois. L'habitude avait emplit la maison, s'était collée au papier peint ou directement au mur quand le papier n'y était plus. Le plafond était jaunâtre, mort d'asphixsie depuis longtemps. Je ne faisais même plus attention à ses détails, échappant juste à la tâche qu'était celle d'inviter des gens, trop honteuse.

- Maman...

Là, en observant la table, j'eut un gros flash back, me remémorant mon oubli.

- Mh... Les feuilles... Elles sont où?

J'essayais de garder la voix la plus calme possible.

- Rangées.
- Ah... Tu... les as lues?

J'attendais une réponse, passant ma main dans mes cheveux, puis me griffant l'avant-bras, signes précurseurs d'une crise d'angoisse. Je fixais ses yeux, attendant qu'ils trahissent un quelconque sentiments.
- Oui.
- Quoi?!

Je n'en pouvais plus. Je ne pouvais pas me retenir. J'étais une fille lamantable. Je criais sur ma mère. Je hurlais. Je ne pouvais pas faiblir devant elle et avoir une crise, je réagissais de la seule manière restante: Lui faire mal, la détruire comme je l'étais.

- T'es fière, je suppose?
- Quesque j'ai fais pour que tu sois comme ça? J'ai fais quelque chose de mal?
- Pour que je sois comment? J'aime les filles, c'est SI grave?
- J'ai fais une bétise? Comment tu l'as sû?
- Maman! Arrête de te prendre pour le centre O du monde! Ce n'est pas de ta faute! Ca ne le sera pas. Je déteste quand tu es comme ça.
- Et alors? Comment tu l'as su?
- Je l'ai toujours sû maman. Et j'ai appris ce que j'étais vraiment en regardant “La tentation de Jessica”.
- T'as vu ça où encore?
- C'est toi qui l'a acheté maman...
- Je suis conne... J'aurais jamais du faire ça... Il y a moyen de changer ça?
- Non.
- Non?
- Non. Tu as si honte de ta fille?
- Non. T'es ma fille. Je suis ta mère. J'dois bien t'accepter comme ça.
- Papa et Tati sont au courant.
- Papa m'en avait parlé. M'enfin rien de bien...
- Il t'en a parlé alors que je lui ai demandé de ne rien dire?
- Tu l'connais. C'est un menteur. Un connard.
- Ne parle pas de l...
- J'en parle comme je veux. De toute manière il est pas là quand il le faut. Maintenant c'est encore moi qui doit avoir à faire à tes conneries.
- ...

S'en était assez. Elle le savait maintenant. Bien. Elle l'accepterais bien. Je savais intérieurement qu'elle allait sûrement pleurer une bonne partie de la nuit, se demandant ce qu'elle avait fait au ciel pour mérité une vie aussi horrible.
# Posté le mardi 18 décembre 2007 12:54
Modifié le mercredi 09 avril 2008 17:39

Changement.

Changement.
MODIFICATIONS : UN ARTICLE AJOUTE LE 10 AVRIL

Chers visiteurs, cheres visiteuses.

Vous devez arriver ici et etre tout chambouler. Effectivement, la moitie des articles ont disparus.
Ne vous inquietez pas, je n'ai pas (Encore) perdu la tete.

C'est simplement que j'ai decider de reprendre en main ce blog et d'y faire le menage ! Ainsi je change la police d'ecriture, je mets des vraies photographies (et pas les horreurs que j'ai prises.) en vous citants les liens quand s'est possible, j'agrandis les textes eeeeet.... (et pour cela je vous invite a relire ce recit) j'ai modifie mon histoire pour qu'elle soit plus agreable a lire, et un peu moins chamboule. Certains remarqueront peut-etre que certains details ont changes : C'est simplement que je prefere ne pas les divulgues sur un site publique.

J'en reviens a la longueur des articles et aux articles en moins.Souhaitant garder tout vos merveilleux commentaires j'ai decider de ne supprimer aucun article. Mais, comme je souhaite agrandir tout les articles, il y en aura forcement de trop. Donc certains articles sont hors ligne, mais cela ne modifie rien a l'histoire puisque vous l'avez en entier. Donc en faite, ca ne sert techniquement a rien que je vous dises ca. Quesque j'suis stupide. X')

Maintenant, dites moi, que pensez vous de cette nouvelle maniere de presenter ? Vous est-elle plus agreable a la lecture ?

Merci de m'avoir lu jusqu'au bout pour les plus courageux, merci de passer sur mon blog, merci pour tout.

Laura.

Modifications : Suite a la demande d'une vieille peau, ( X'D ) j'ai agrandis la police.
# Posté le samedi 16 février 2008 19:39
Modifié le mercredi 09 avril 2008 17:42